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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 19:13

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Exercice - Ecrire un texte avec des éléments donnés : Un nom, un âge, une particularité et un lieu de rencontre pour deux personnages.

Alphonse, 32 ans, a toujours au moins 1 000 euros sur lui.

Arlette, 43 ans, fille d'une célébrité

Rencontre dans une salle de spectacle

 

Elle était en retard, mais elle s'en moquait. Après tout, c'était elle la star du spectacle. Il ne pouvait certainement pas commencer sans elle. Elle prit donc tout son temps pour descendre de la voiture, avec grâce et élégance, autant pour ménager ses effets que pour assurer son équilibre sur ses talons aiguilles trop haut. À peine le chauffeur referma-t-il la portière que le metteur en scène était déjà sur le trottoir à la houspiller. Il beuglait à propos du temps qui passe, du respect de ses compagnons et du public qui attendait. Mais Arlette ne l'écoutait pas. Ces considérations ne l'intéressaient pas, elle avait d'autres chats à fouetter. Elle pensait notamment à la tenue qu'elle porterait après le spectacle. Elle devait être irréprochable pour séduire les journalistes qui ne manqueraient pas de la solliciter.

Perdue dans ses rêveries, elle passe devant le metteur en scène, sans un regard pour le pauvre homme au bord de la crise de nerfs, et entra dans le théâtre. Mais à peine mit-elle un pied dans le hall qu'elle heurta un mur, violemment, et se retrouva au sol. Elle ramassa le contenu de son sac à mains en grommelant.

- Vous ne pourriez pas faire attention, non ? Ce n'est tout de même pas compliqué de regarder devant soi, non ?

Porte-feuille, rouge à lèvres, chéquiers, clé de maison...

- et surtout ne vous donnez pas la peine de m'aider, espèce de primate dégénéré...

Elle se dépêcha de tout ranger, y compris l'énorme liasse de billets... sauf qu'elle n'avait pas de liasse de billets.

- Excusez-moi madame, mais il me semble que ceci m'appartient.

Elle leva enfin les yeux sur la personne qui l'avait faite tomber et découvrit un jeune homme d'une trentaine d'année, beau garçon et élégamment vêtu dans un costume bleu marine qui lui seyait à merveille. Elle détailla son interlocuteur avec un sourire d'appréciation, s'attardant notamment sur ses yeux d'un bleu profond.

Il se pencha vers elle pour récupérer son bien qu'elle ne semblait pas avoir envie de lâcher.

- C'est une somme pour aller au théâtre, lança-t-elle pour entamer la conversation.

Le jeune homme la regarda sans sourciller et se mit à la détailler des pieds à la tête. Il n'eut aucune réaction, ce qui vexa profondément l'actrice. Il lui répondit tout de même :

- Je ne sors jamais sans avoir au moins 1 000 euros de liquidité sur moi. Ça me semble être un minimum.

Arlette n'en revenait pas. Elle jeta un coup d'œil furtif au miroir situé devant elle et put constater, qu'une fois de plus, elle était absolument magnifique. Sa robe style empire d'un bleu nuit lumineux mettait particulièrement en valeur sa longue chevelure blonde relevé en chignon et soulignait la finesse de sa taille. Quant à son décolleté pour le moins avantageux, son interlocuteur n'y avait même pas prêté attention. Et non content de ne pas la trouver « à son goût », il lui parlait maintenant comme à une idiote. Ignorait-il donc qui elle était ? Elle, la grande actrice Arlette Chaplin, fille du célèbre comique et actrice mondialement reconnue ? Qui était-il pour la toiser avec autant d'arrogance, elle, son aînée qui affichait fièrement ses 43 ans ?

Elle se redressa et s'apprêtait à lui assener ses quatre vérités quand le metteur en scène déboula das le hall, rouge de colère.

- Mais enfin Arlette, dépêchez-vous. Tout le monde vous attend.

Et il la poussa sans ménagement vers les coulisses.

Revenu voir le jeune homme, il lui demanda :

- Monsieur Carlier, est-ce que ça va ?

- Raymond, je vous ai déjà dit de m'appeler Alphonse. Qui était donc cette femme ?

- Arlette Chaplin, monsieur, notre vedette. J'espère qu'elle ne vous a pas insulté ? En plus de jouer les divas, on ne peut pas dire qu'elle ait sa langue dans sa poche...

- Prétentieuse, vulgaire et irrespectueuse. C'est là un bien triste portrait que vous me dépeignez.

- Mais elle a énormément de succès auprès du public et son talent de comédienne est indéniable. Vous allez pouvoir en juger par vous-même.

 

Alphonse assista alors à une des meilleures pièce de théâtre qui lui ait été donné de voir. Il connaissait bien entendu les frasques d'Arlette Chaplin qui s'affichait régulièrement en première page des magazines. Mais la voir jouer sur scène lui procura une émotion intense et il ne se priva pas pour se joindre aux acclamations du public à la fin de la représentation. Il décida d'aller féliciter personnellement l'artiste dans sa loge.

Devant celle-ci, les journalistes se pressaient déjà pour obtenir une photo ou quelques mots de l'actrice qui prenait un plaisir évident à toute cette attention. Mais le jeune homme n'avait pas de temps à perdre et il renvoya manu militari les reporters aux vestiaires.

Arlette était abasourdi par autant d'audace, mais encore plus par le fait que les photographes lui aient obéi sans broncher.

- Mais enfin, qui êtes-vous et que voulez-vous ? On laisse donc entrer n'importe qui dans ce théâtre ?

- Mademoiselle Chaplin, vous avez été fabuleuse ce soir et je tenais à vous féliciter personnellement.

Arlette était rouge de confusion ; d'un côté, elle était profondément vexée par cet homme qui ne tenait aucun compte de ses propos ; de l'autre, elle était ravie de ce compliment. Elle hésitait entre le remercier et lui jeter le bouquet de fleurs qu'elle tenait dans les mains à la figure. Mais le jeune homme ne s'attarda pas et quitta sa loge avant qu'elle ait eu le temps de se décider.

- Mais enfin, qui est-ce ? Grommela-t-elle en claquant la porte de sa loge.

Celle-ci se rouvrit presque aussitôt sur Roger, son partenaire sur scène.

- Je rêve ou c'est Alphonse Carlier que je viens de voir sortir ?

- Pardon ? Tu connais cet énergumène particulièrement horripilant ?

- Tu veux rire, j'espère. Alphonse Carlier est un grand amateur de théâtre et un généreux mécène. En l'occurrence, cette pièce n'aurait jamais vu le jour sans lui puisque c'est lui qui la finance. J'espère que tu ne l'as pas insulté au moins.

Arlette n'en revenait pas. Producteur, à son âge ! Et surtout, c'est à lui qu'elle devait cette pièce qui lui tenait tellement à cœur. À ce primate dégénéré...

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commentaires

Julie 19/04/2013 15:44


J'aime beaucoup le vocabulaire que tu utilises, c'est varié et fluide, on sent que tu lis :) Petite critique : une faute (quand au lieu de quant) et tu passes parfois du passé au présent sans que
ça soit forcément justifié (j'ai moi-même du mal avec cela alors j'espère ne pas me tromper !). Quant à l'histoire, très belle ! Continue !

Stéph 19/04/2013 16:00



Merci Ju.
C'est très gentil.
Je vais corriger mes fautes. ^^



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